Depuis la fin de son groupe, Tokio Hotel, Bill était comme désemparé. Lui qui était tant habitué aux cris, au stress et à la pression, que le retour à la vie d'une simple personne l'insupportait. Il ne s'y faisait pas. Ce n'était pas son monde. Ou néanmoins... ça ne l'était plus.
Georg et Gustav étaient rentrés dans leurs familles respectives. Son frère, Tom, s'en était remis. Avec beaucoup de mal, certes, mais il ressortait avec ses amis et ramenait de nouveau des filles. Il essayait d'entraîner son double avec lui, mais en vain... Bill préfèrait rester seul, enfermé dans sa chambre, à écrire des textes de chansons qui ne seraient peut-être jamais lus, ou encore à comtempler des heures les diques d'or et de platine décernés à son groupe quelques mois auparavant. Tout ça, simplement par habitude...
Mais on sait tous que lorsque le chanteur ne peut plus chanter, c'en est fini pour le groupe dont il fait partie.
Telle fut la triste fin d'un phénomène mondial... Emportant avec elle le rêve de quatres jeunes et leur musique.
Bientôt, Tokio Hotel ne fut plus qu'un souvenir gravé à jamais dans la mémoire de leurs fans...
[ . . . ]
Cependant, Bill daignait de temps à autres sortir la nuit, quand les rues étaient désertes et silencieuses, pour aller se retirer dans un piano-bar. Pourquoi un piano-bar ? Tout bonnement parce que la jeune fille mystérieuse au cheveux noirs qui jouait au piano l'intriguait. Cette maigre description était l'unique qu'il pourvait donner d'elle. Il n'avait encore jamais eu l'occasion d'apercevoir son visage, qui était toujours rivé sur le clavier. Elle ne levait pas la tête. Seules ses mains carressaient le piano. Le reste deumeurait immobile. Cette fille n'était pas comme les autres , Bill en était certain. Elle avait quelque chose de spécial.
Il avait tenté mainte fois de l'aborder, mais se défilait toujours. Hormis ce soir...
Il attendit que tous les clients partent pour s'avancer discrètement vers le piano, et se posta à côté d'elle.
— C'est très beau ce que tu joues - lança timidement l'androgyne.
— Merci - murmura la jeune fille, sans lever la tête.
Cette dernière subsista silencieuse. Elle semblait génée de la présence de Bill.
— Ehm... Je peux ? - dit-il en désignant la chaise voisine à celle de la pianiste.
— Je t'en prie - lui répondit-elle, toujours immobile.
— Tu joue de piano depuis longtemps ? - demanda Bill, afin d'avoir un sujet à discuter.
— Treize ans.
— Ça se voit, parce que tu joues drôlement bien.
— Merci.
On aurait dit qu'elle souriait. Mais son visage caché par ses long cheveux noirs, empêchait Bill d'en être sûr.
Elle finit par bouger une mèche de cheveux qui la génait, et leva doucement la tête, laissant apparaître son visage. Ses lèvres étaient fines et bien dessinées, son nez droit, ses pomettes un peu rosies et ses yeux bleu très clairs, presque transparents. Ils semblaient vides. Bill resta fixé sur ces derniers. Mais leur regards ne pouvaient pas se croiser puisqu'elle n'en avait pas... Ce qui n'empêcha pas sa beauté d'éblouir notre ex-chanteur.
— Tu es...
— Aveugle, oui - l'interrompit-elle, le gratifiant de son plus beau sourire. Ça ne te fait pas peur ?
— Peur ? - s'étonna-t-il. Pourquoi ? Bien sûr que non !
— Tu ne me trouve pas... bizarre ? - continua la pianiste.
— Non.
— D'accord...
Il y eu un silence pendant lequel il continua de la dévisager, tandis qu'elle ne bougeait pas.
— Tu dois te demander comment je fais pour jouer du piano alors que je vois pas. - reprit-elle.
— Bah, tu as de l'oreille et du talent.
— Oreille oui, mais talent je ne sais pas. Ce n'est pas à moi de juger.
— Tu en as, je confirme.
Elle souria.
— Euh... Je peux te poser une question un peu indiscrète ? Je suis assez curieux.
— Vas-y.
— Comment es-tu devenue aveugle ?
Le jeune pianiste deumeura silencieuse et parut hésitante.
— Tu n'es pas obligée de répondre, bien entendu.
— Si, je vais répondre - assura-t-elle. Mais à condition que je puisse t'en poser une moi aussi.
— Ça marche.
— Alors en fait, j'étais à un concert avec ma meilleure amie. On s'amusait, c'était génial jusqu'à ce qu'il y ait un gros mouvement de foule. Je me rappelle juste avoir été projeté au sol et après, plus rien. C'est le trou noir. Je me suis réveillée le lendemain avec des pansements et des perfusions partout. Je les sentais, mais ne les voyais pas. C'est là que j'ai compris que je ne verrai plus jamais. Mais je n'ai pas à me plaindre. Ma meilleure amie, elle, n'a même pas eu la chance de survivre...
— Je...je suis désolé...
Le silence s'installa de nouveau, laissant Bill perplexe.
— Et, il était de qui ce concert ?
— Tokio Hotel. Tu connais ?
— Ah... Oui, je connais ... - répondit-il en adoptant un ton neutre afin de ne montrer aucune émotion.
— C'est dommage qu'ils aient arrêtés. J'adorais leur musique.
— Mmh...
Reparler de ce sujet ressassa de nombreux beaux souvenirs que Bill préfèrait oublier. Mais elle ne pouvait pas voir que la personne avec qui elle parlait était le chanteur de ce groupe.
— Je peux la poser maintenant ma question indiscrète ?
— Je t'écoute.
— Pourquoi ne chantes-tu plus... Bill Kaulitz ?
Le coeur du jeune homme manqua un battement. Il ne comprit pas tout suite le sens de la question. Seuls les mots « chantes » et « Bill Kaulitz » résonnèrent dans sa tête.
— Pa..pardon ? - bafouilla Bill, tout chamboulé.
— Pourquoi, Bill ?
— Euh... Comment sais-tu qui je suis ? Demanda-t-il, surpris. Tu me vois ?
— Bien sûr que non ! - se moqua celle-ci. Mais je t'entends. J'ai reconnu ta voix.
— Ah c'est vrai...ma voix...
— Alors tu ne m'as pas répondu..
— Je... - commença-t-il. Les médecins ont dit que je ne pourrai plus chanter. Donc j'ai arrêter.
— Moi, si j'avais écouté les médecins, j'aurais tout simplement cessé de vivre... Ne baisse pas les bras, Bill. N'abandonne pas ton rêve. Pas maintenant... Et puis, tu en fais quoi de « Wir Sterben Niemals Aus » ??
— Je... Je ne sais pas... - chuchota le bel androgyne.
Des images défilèrent dans sa tête. Son groupe, ses fans, les fous rires, les concerts ... Tout.
Il ne put réprimer un sanglot, et la jeune fille s'en apercut. Elle leva doucement son bras puis tatonna un peu avant d'atteindre le visage de Bill. A l'aide d'un revers de pouce, elle essuya délicatement une larme. Ce dernier haussa à son tour sa main, et la déposa sur celle de la jeune fille avant de la saisir et de la loger sur son épaule. Alors, il avança lentement son visage jusqu'à être assez proche de l'autre, et déposa habilement ses lèvres sur celles de la pianiste, qui trésaillit à ce contact, mais ne le repoussa pas pour autant. Bill finit par rompre ce doux baiser et étreingnit la jolie brune.
— Merci beaucoup euh... - susurra Bill.
— Kirsten.
— Kirsten - répéta-t-il.
— Merci de quoi ?
— De m'avoir redonné confiance.
Il restèrent enlacés lontemps...très longtemps. Et au cours de tout ce temps, Bill méditai... Jusqu'à ce qu'une petite voix le sorte de ses pensées.
— Ich glaub an dich... - chantonna Kirsten.
— Du wirst für mich immer heilig sein ... - poursuivit le beau ténébreux.
[ . . . ]
Cinq mois plus tard, c'était devant cinquante mille personnes que Tokio Hotel rechantait ces même paroles.
— VIELEEEEEEEN DAAANKEE !!! - criait le chanteur à son public, une fois la chanson terminée.
Mais au fond, Bill remerciait une personne en particulier. Une personne qui lui avait redonné courage: Kirsten. Ou autrement dit, La-jeune-fille-mystérieuse-qui-jouait-au-piano...
Bill n'oublia jamais ce soir-là.
Ainsi fut le retour de ce phénomène tant apprécié ...
E N D E
Voilà ma première OS.
Alors, vos impréssion ???
Vous aimez ou pas ??
Pour celles qui la trouvent trop longues, don't worry
elles ne seront pas toujours comme ça...
J'en mettrai une autre bientôt.
Gros Bsx <3
© Traumen-Nur-Eine-Weile